APRÈS LE DOCUMENTAIRE "LAISSÉS POUR COMPTE"
DIFFUSÉ AU CINÉMA LUX LE 24 NOVEMBRE 2025
QUELQUES INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
SUR L’HISTOIRE DU SANATORIUM SOTIRIA D'ATHÈNES
1) Création de Sotiria
Entre 1901 et 1902, Sophia Schliemann, veuve de l’archéologue Heinrich Schliemann qui avait découvert Mycènes et Troie, décide sur ses fonds propres de créer un sanatorium à Athènes. Une visite dans un hôpital du quartier Acadimias, l’avait convaincue de l’urgence.
La tuberculose était, et pour longtemps encore, la première cause de décès par maladie infectieuse en Grèce, et rien n’était fait pour séparer les patients atteints de tuberculose des autres malades.
Grâce à son cercle de connaissances et d’amis, elle réussit, sur un terrain de 60 hectares qui servait jusque-là de pâturage, donné par le monastère de Petraki, à faire construire les premiers pavillons destinés à accueillir les malades du poumon, principalement tuberculeux.
Le site devait être propice au repos et à l’isolement, selon les modèles sanatoriaux en vogue en Europe à l’époque. Il ouvre en 1905. Il manquait quelques arbres sur le site offert, Sophia Schliemann en fera planter plusieurs milliers, essentiellement des pins et des eucalyptus.
La tuberculose était, et pour longtemps encore, la première cause de décès par maladie infectieuse en Grèce, et rien n’était fait pour séparer les patients atteints de tuberculose des autres malades.
Grâce à son cercle de connaissances et d’amis, elle réussit, sur un terrain de 60 hectares qui servait jusque-là de pâturage, donné par le monastère de Petraki, à faire construire les premiers pavillons destinés à accueillir les malades du poumon, principalement tuberculeux.
Le site devait être propice au repos et à l’isolement, selon les modèles sanatoriaux en vogue en Europe à l’époque. Il ouvre en 1905. Il manquait quelques arbres sur le site offert, Sophia Schliemann en fera planter plusieurs milliers, essentiellement des pins et des eucalyptus.
Sotiria qui signifie « Salut » ou « Délivrance », sera le premier sanatorium de Grèce. Situé sur l’avenue Mesogeion il était à l’époque en banlieue d’Athènes.
Figure 1: Heinrich et Sophia Schliemann
La création de Sotiria correspondait à une évolution profonde de la politique de santé publique grecque. Les politiques d’hygiène et de prévention s’appuyaient sur la création d’établissements spécialisés, capables de conjuguer isolement thérapeutique, nouvelles pratiques médicales (comme la cure d’air, de soleil, ainsi qu’une alimentation adaptée) et dimension sociale (prise en charge d’une population largement citadine, issue souvent des classes populaires ou ouvrières, mais aussi des réfugiés et des militaires). Cette orientation relevait d’une stratégie pan-européenne de lutte antituberculeuse, influencée par des modèles étrangers et appuyée par des soutiens politiques d’envergure, notamment le Premier ministre Elefthérios Venizélos et la philanthropie des grandes familles grecques de la diaspora.
Dès l’origine, l’établissement se dote d’un fonctionnement pavillonnaire, chaque bâtiment isolant un nombre limité de patients, pour répondre au double impératif d’efficience hygiénique et de confort thermique. À son ouverture en 1905, Sotiria pouvait héberger 50 patients.
« La tuberculose ne faisait pas de discrimination. Elle a touché des hommes, des femmes, des pauvres, des riches. Il n'y avait pas de médicaments. Il n'y avait pas de médecins qui s'occupaient spécifiquement de cette maladie. Il n'y avait pas d'hôpitaux spécialisés », raconte le Dr Fotis Vlastos.
Figure 2: Sotiria : les premiers pavillons
2) Une évolution inéluctable
Entre 1905 et 1915, l’hôpital continue de s’agrandir avec la construction de 7 autres pavillons de soins et de celui de l’administration, tous de style néo-classique, avec, en 1913, la construction d’un bâtiment réservé spécifiquement aux militaires tuberculeux de retour du front des guerres balkaniques. Le bâtiment, pouvant accueillir 50 patients répartis en quatre salles, combine architecture néoclassique et éléments du style « gréco-suisse » de type chalet, très prisé en Europe centrale pour son efficacité en sanatorium. L’édifice présente un plan en E, des galeries couvertes, de larges baies vitrées et une orientation optimisée pour bénéficier du soleil et des vents dominants. Après la guerre, le pavillon poursuivra sa mission jusqu’en 1969, signe de l’adaptabilité du bâti aux évolutions démographiques et médicales.
Figure 3: Le pavillon réservé aux militaires tuberculeux construit en 1913